LE REGARD QUI AIME

1er NOVEMBRE 2015
Par Jean Desclos, Théologien et prêtre diocésain
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Cher(e)s ami(e)s,

Une biographie ne peut pas s’écrire à l’avance. C’est donc seulement après coup, qu’on est à même de retracer, dans le détail, l’itinéraire de la personne qui a fermé ses yeux définitivement sur ce monde terrestre. Chaque bilan de vie contient à la fois du très banal, factuel, que l’on peut énoncer avec des dates et des rapports écrits. Mais ces faits, facilement contrôlables, cachent tout un monde qui échappe au regard du biographe.

Il y a aussi de l’insondable, des émotions, des élans du cœur, des doutes, des rêves réalisés ou des déceptions jamais partagées. Notre regard sur le passé manque alors de précision rigoureusement historienne. Comment rendre compte de l’intérieur de l’être, de l’invisible? Comment rendre compte de l’âme profonde d’un personnage dont on a partagé la vie quotidienne sans trop le connaître? On y arrive par des évocations intuitives, des images, des symboles, qui offrent une autre manière de voir, cette fois de voir l’invisible, avec le cœur, avec un cœur qui prend le relais de la démarche historienne. L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur. Et c’est sans doute une sagesse élémentaire de ne jamais porter un regard qui juge de haut, aveuglément, sans connaître le vécu intime de la personne.

Tout prend sens par le regard du cœur . Tout commence et tout finit par le regard du cœur de Dieu. Je parle ici du regard de Dieu qui, tout au long de nos vies et au terme de nos vies, nous voit avec l’émotion du Père qui prend soin de ses enfants et les accueille comme Il le fait pour l’enfant prodigue. Je parle du regard de Jésus qui cherche la brebis perdue, qui va à la rencontre de Zachée. C’est Lui qui, dans un regard d’amour et de tendresse, nous invite à le suivre, et à faire de nos vies un championnat de la générosité du regard.

Toute dévotion passe par le regard . Il s’agit non pas de dévotion au sens de piété, mais de dévouement. La vraie religion, selon Jésus, nous tourne vers les autres à aimer. Les disciples de Jésus apprennent la discipline du regard: non pas celle qui consiste à baisser les yeux pour ne pas se laisser distraire. La bonne discipline du regard entraîne à voir au-delà des apparences, à deviner les drames intérieurs, les angoisses invisibles, puis à écouter patiemment.

Voilà comment le texte de la lettre de saint Jean parle du regard discipliné : «Si quelqu’un voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui? ». Ce regard lucide, intéressé à l’autre, est le déclencheur de l’amour en acte, de l’engagement concret, de ce qui fait l’os et la chair de la vérité chrétienne, de la foi chrétienne: l’amour inconditionnel des autres à l’exemple de l’amour du Père parfait qui donne pluie et soleil aux bons comme aux méchants.

Nous trouvons le même message dans la parabole du bon Samaritain. Au docteur de loi qui demande à Jésus d’expliquer qui est le prochain; Jésus raconte l’histoire inventée d’un homme qui traverse à pied une région réputée pour être un repaire de bandits. Il est attaqué et laissé pour mort sur le sol. Arrive un prêtre, puis un lévite, qui passent par hasard dans le même coin dangereux. Les deux voient bien le blessé à moitié mort. Le texte dit pour chacun: « il le vit, et passa de l’autre côté, à distance». Pourquoi? Non parce qu’elles étaient de méchantes personnes, mais parce que la loi prévoit que le fait de toucher un cadavre rend impur. Ils ont les yeux fixés sur la loi stricte et donc les yeux fermés sur la souffrance du pauvre type qui s’est fait massacrer.

Et qui va donner la leçon de bonne religion et vie spirituelle? Un étranger hérétique qui voit clair et qui bouge, un Samaritain. Le texte dit: « il le vit, et fut saisi de pitié». Voilà un regard discipliné, un regard de disciple. Jésus conclut sa réponse au docteur de la loi qui était sans doute très attaché aux règles rituelles, tout comme le prêtre et le lévite: «vas, et toi aussi, fais de même et tu vivras». Ouvre tes yeux, vois la misère et les besoins des autres. Change ton regard, plonge dans la piscine de l’amour désintéressé, ce plongeon qui est le vrai baptême, l’entrée dans les mœurs du Crucifié-Ressuscité.

C’est donc par le regard qu’on se fait prochain . Le regard rapproche les personnes. Les yeux parlent. Ils disent secrètement: je te vois comme un enfant de Dieu et je veux t’aider et t’aimer de mon mieux. Ils interpellent et disent: fais-moi confiance, je ne veux que ton bien. Ce sont les yeux de la bienveillance. Ce sont les yeux de l’amour des époux qui s’échangent un clin d’œil, des parents qui se mirent dans le visage de leur enfant. Les yeux disent la joie et la peine. Les yeux sont l’organe de la sensibilité du cœur qui aime. Le regard qui pleure est un regard qui aime.

Nous sommes appelées à être des personnes au regard discipliné, interpellées par le regard aimant de Jésus qui nous apprend ce regard de disciple, regard convaincant de bonté, de passion pour le bonheur des autres, de volonté acharnée à se dépenser pour les autres. Le regard discipliné rapproche, car c’est par amour qu’on se fait le prochain des autres, des souffrants, surtout.

Je vous bénis,

Jean Desclos, prêtre

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