La beauté salvatrice

1er MAI 2022
Par Christine Michaud, Autrice et conférencière www.christinemichaud.com
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Bonjour à tous et à toutes,

Quelle joie de vous retrouver par l’intermédiaire de cette lettre ! 

Le printemps, saison du renouveau, m’inspire à vous parler de beauté et d’amour. En philosophie, on enseigne d’ailleurs que ces deux notions sont convertibles : on a tendance à trouver beau ce que l’on aime et on aime ce que l’on trouve beau. Et si c’était la piste que Fiodor Dostoïevki nous invitait à suivre lorsque, dans son roman intitulé L’idiot, il fait dire à son personnage Mychkine : « La beauté sauvera le monde » ? 

Dans la mesure où elle génère l’amour, la beauté peut effectivement être salvatrice. Cela me rappelle une homélie du Père Germain Grenon, du Foyer de charité, à l’île d’Orléans, dans laquelle il évoquait l’importance de se sentir profondément aimés, aimées, et ce, inconditionnellement. Lorsque nous croyons en Dieu, nous savons qu’Il nous aime de cette façon, mais n’avons-nous pas tendance à tout de même l’oublier parfois ? Le Père Germain allait plus loin en nous suggérant d’imaginer un monde dans lequel les gens se sentiraient profondément aimés d’un amour inconditionnel. Comment agiraient-ils ? Comment mèneraient-ils leur vie ? Cela pouvait tout changer, non ? 

Non seulement cet amour est déjà présent en chacun et chacune de nous, mais nous sommes en mesure de nous le rappeler chaque jour en nous laissant toucher par la beauté. 

En philosophie, on enseigne également qu’il existe quatre types de beauté : la beauté sensible, la beauté morale, la beauté intelligible et la beauté spirituelle. Nous pourrions définir la première comme étant celle qui plaît aux yeux et aux oreilles. Le visage de l’être aimé, un coucher de soleil ou une douce musique sont des exemples de beauté sensible. La beauté morale, nous la connaissons, c’est la beauté du geste bienfaisant, de l’entraide, du don, etc. La beauté intelligible, quant à elle, concerne les grandes découvertes scientifiques, le domaine des idées et de tout ce qui nous impressionne par l’intelligence de ses créateurs. Enfin, la beauté spirituelle est celle qui nourrit notre soif d’absolu : elle peut exalter et transfigurer. Dans Le mythe de Sisyphe, Albert Camus y réfère comme
« ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme ». Rappelons-nous d’ailleurs qu’en théologie chrétienne, le beau lui-même est l’un des noms de Dieu. 

Le pape François, lui, appelle les religions à « garder vivante la soif de l’absolu dans le monde. » Pour lui, il importe de s’opposer à « l’un des plus dangereux pièges de notre temps », c’est-à-dire à une vision de l’être humain le réduisant à ce qu’il produit ou consomme.

Alors, comment percevoir davantage toute cette beauté qui nous entoure ? En ralentissant le rythme d’abord, puis en devenant plus présents, présentes, et attentifs, attentives. Tout doucement ou de manière plus fulgurante, nous nous émerveillerons de la symphonie printanière des oiseaux, du sourire d’un inconnu croisé par hasard, du geste tendre d’une mère envers son enfant, de cette impression de grâce ressentie à la lecture d’un livre, à l’écoute d’une pièce de musique, à la vue d’un paysage, etc. Comme l’a si bien écrit Éric-Emmanuel Schmitt : « Ce ne sont pas les émerveillements qui manquent dans le monde, mais les émerveillés ».

Percevoir la beauté dans tout ce qui nous entoure risque également de nous mener à des expériences de sublime qui génèrent le sentiment d’élévation de l’âme. Selon les recherches en psychologie positive, six critères sont nécessaires pour reconnaître l’expérience du sublime :

  • La perception altérée du temps (impression que le temps s’est subitement arrêté).
  • La diminution de l’égo ou de sa propre importance (humilité).
  • Le sentiment d’être connecté(e) aux autres, à l’environnement et à quelque chose de plus grand que soi.
  • La perception de vastitude ou d’immensité.
  • Les sensations physiques ressenties (émotion, chair de poule, etc.).
  • Le besoin de redonner et de contribuer.

Le sublime contribue à la résonnance positive entre les êtres humains et même, dans une notion de verticalité, à la connexion avec plus grand que soi. Il s’agit d’un élan d’amour vers soi, vers l’autre et vers la vie. C’est une grâce ou la preuve que nous sommes profondément aimés, aimées, et c’est la grâce que je nous souhaite à tous et à toutes en ce printemps et pour tout le reste de notre vie. Gardons les yeux et le cœur ouverts et laissons-nous émerveiller ! Laissons-nous aimer… 

Christine Michaud
Autrice et conférencière
www.christinemichaud.com

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