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Lettre de Pier-Luc Bordeleau
Pier-Luc Bordeleau
2018-10-01

PAR Pier-Luc Bordeleau
Enseignant et conférencier 

Ma mère est née un 31 octobre

Bonjour,

Drôle de date, quand même, pour arriver dans notre monde qui porte parfois un peu trop de masques et qui donnent beaucoup trop dans la confiserie pas très nutritive vous en conviendrez. Je vous en parle parce qu’octobre me fait toujours penser à ma mère. Il y a des mois, comme ça, qui nous font remémorer les personnes que nous avons perdues et avec qui nous avons vécu des difficultés qui restent encore gravées en nous...

C’était compliqué avec ma mère. En fait, c’est devenu compliqué avec ma mère. J’en parle aujourd’hui avec un certain recul et je suis en mesure d’aller récolter tous les éléments positifs de la relation avec ma mère pour en ressortir gagnant, mais ce ne fut pas toujours le cas. Au début, c’était surtout compliqué, complexe et même souffrant. Ma mère était sûrement atteinte de troubles bipolaires.

Je dis « sûrement » parce qu’elle n’a jamais été diagnostiquée officiellement. Mais je peux vous assurer que les symptômes étaient les mêmes. Elle avait des épisodes de manies, donc très heureuse, trop heureuse, prête à conquérir le monde et à tout faire pour réaliser ses rêves les plus farfelues. Mais elle avait beaucoup plus de longs épisodes de dépression. Elle ne voulait plus rien faire, elle ne croyait plus en rien ni en elle-même et elle sombrait dans un état léthargique.

C’est ça la bipolarité : c’est de ne pas avoir le contrôle de son humeur et surtout de ne pas en être conscient. En tout cas, avec ma mère, c’était là le nœud du problème : elle ne voulait pas admettre qu’il y en avait un. Elle traînait son entourage dans son sillon d’humeur déréglé, ce qui causait un déséquilibre relationnel auprès de tous ceux qui la côtoyaient. Et quand tu as 10 ans et 8 ans, comme ma sœur et moi nous avions et que tu vis avec une mère monoparentale divorcée, t’as besoin d’un équilibre relationnel et d’une stabilité familiale.

Nous avons souffert de ça. Je parle pour ma sœur et moi évidemment, mais plusieurs personnes qui ont connu ma mère pourraient se joindre à nous pour l’affirmer. C’est dur de côtoyer une personne qu’on aime qui est malade, qui ne veut pas l’admettre, qui ne veut pas d’aide, qui ne reconnait pas que quelque chose cloche et que tout son monde en paie le prix. Mais...une chance que Dieu est là.

Oui, une chance que Dieu est là. Il m’a permis et Il me permet encore d’aller chercher ce qu’il y a de bon dans tout, même dans la relation embrouillée que j’ai vécue avec ma mère. Il me permet de me rappeler que même si elle était coincée dans ses rêves impossibles, au moins elle rêvait. Elle m’a appris à considérer chacun de mes rêves et de les rendre possibles et réalisables.

Dieu me permet d’aller voir au-delà de la femme souffrante qu’était ma mère. Il me permet de me rappeler les bons souvenirs avec elle, la complicité naturelle que nous avions malgré tout, son sens de l’humour spontané et contagieux, la générosité sans borne qu’elle avait, le désir d’aider les autres même si c’est elle qui en avait vraiment de besoin et le réflexe de donner ce qu’elle n’avait même pas. C’était ma mère et j’ai appris à l’aimer comme ça de son vivant et après sa mort.

Joie-dieu

Dieu m’apaise et me fait baigner dans l’Amour. Il me rappelle que toute personne et que toute expérience sont précieuses. Il me dirige naturellement vers le règlement de mes conflits intérieurs. Comme un « WIFI » unique et essentiel, Il me branche sur son réseau et me connecte au meilleur de moi-même et avec les personnes qui font partie de ma vie. Je peux naviguer plus aisément dans mes expériences passées et en retirer ainsi le bon, le constructif, le positif. En fait, retirer Sa Présence dans tout.

Il est là. Il est derrière la souffrance de plusieurs personnes. Non pas qu’Il en est la cause, mais Il est toujours là pour nous permettre de grandir avec ce que nous sommes et avec qui nous sommes. Il était là avec ma mère lorsqu’elle nous en a fait vivre de toutes les couleurs. Il était là lorsqu’elle est décédée subitement à l’âge de 57 ans, il y a 10 ans déjà. Il était là quand je me suis dit que je n’avais absolument rien de bon à retirer de ça et Il était évidemment là quand j’ai accepté le bon à retirer de ça...

Ma mère est née le 31 octobre 1950 et elle est décédée le 7 mars 2008. Elle aurait donc à la fin de ce mois-ci 68 ans. Elle laisse derrière elle 2 enfants et déjà 4 petits enfants. Malgré ses difficultés et ce qu’elle a fait subir, les enfants que nous sommes sont heureux, équilibrés et stables. Grâce à son héritage devenu constructif et avec la Présence aimante de Dieu, son passage dans nos existences n’aura pas été en vain et son souvenir demeure impérissable pour les bonnes raisons.

À tous ceux et celles qui ont perdu une personne souffrante, je suis avec vous, mais surtout, souvenez-vous...Il est avec vous et Il est avec eux.

D’un garçon qui a perdu sa mère, mais qui en gardé le meilleur, je vous souhaite un mois d’octobre orienté vers la conversion de vos souffrances grâce à la Présence de Dieu.

Et grâce à Lui, je peux dire avec amour, merci maman...

Pier-Luc Bordeleau

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