L'humilité de Dieu

1er AOÛT 2014
Par Jean Desclos, Théologien et prêtre diocésain
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« Qui s’abaisse sera élevé, qui s’élève sera abaissé ». Nous comprenons facilement le sens très humain, l’espèce de bon sens qu’il y a dans les paroles de Jésus. Y a-t-il quelque chose de plus agaçant que de voir quelqu’un chercher toujours à être en avant des autres en voulant se faire remarquer, en parlant plus haut et fort ou en méprisant les autres? On a le goût de lui rabattre le caquet. Qui trop s’élève se fait rabaisser…

Par contre, il y a des gens qui sont timides, discrets, effacés, jamais encombrants, qui ne s’imposent pas. Et on a plutôt le goût de leur faire de la place, de les mettre à l’aise, de leur offrir la preuve qu’ils sont appréciés, considérés, qu’ils sont quelqu’un. On peut dire qu’au plan humain, dans notre vie en société, il faut savoir tenir ni toujours la première place ni toujours la dernière place mais toujours sa place, être soi-même, simplement sans recherche, sans hypocrisie, sans excès.

Mais l’Évangile nous enseigne plus que les bonnes règles de comportement humain. Ce que Jésus propose, c’est de comprendre notre vie devant Dieu. Car l’Évangile me parle à la fois de moi et de Dieu. Or, devant Dieu, je peux dire deux choses de moi : que je ne suis rien, une petite créature périssable, fragile, chétive; que je suis tout pour Dieu, son enfant bien-aimé.

Nous lisons la Parole de Dieu comme reflet de l’identité et des mœurs de Dieu. Par exemple, Jésus dit ce qu’il faut faire pour vivre saintement : se faire petit et donner gratuitement sans idée de retour. Or, c’est précisément ce que Dieu fait. Si Jésus nous en parle, c’est qu’il s’y connaît. S’il parle d’humilité et de gratuité, c’est que ce sont là d’abord des attitudes de Dieu. Lui qui est grand et tout-puissant s’abaisse, se fait petit. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu et s’est fait obéissant ». Et Jésus dit : « Je suis humble de cœur », venez à moi sans crainte d’être écrasés par ma supériorité.

L’humilité, c’est d’abord Dieu qui la vit . La gratuité, c’est d’abord Dieu en est maître, lui qui sait bien qu’il ne sera jamais payé en retour. Il nous invite à son repas et nous donne la vie éternelle. Nous n’avons rien qui puisse égaler cela. Qu’est-ce que nous pouvons donner à Dieu en retour? Pas la vie divine, il l’a déjà. Pas la résurrection, il est le Vivant. Pas la richesse, pas l’intelligence. Et non. La seule chose que l’être humain peut donner à Dieu, c’est son amour, et cela est possible pour tous les humains riches ou pauvres. L’amour, c’est d’abord Dieu qui le vit, lui qui nous a aimés le premier. Nous ne faisons que recevoir de lui les bienfaits et le salut. Les pauvres, les boiteux, les aveugles et autres invités à son repas, c’est nous, c’est toute l’humanité pécheresse.

Le message de l’Évangile ne se réduit pas à de bons conseils de vie morale et sociale à prendre à la lettre. Il exprime d’abord qui est Dieu pour nous et qui nous sommes pour lui. Il nous dit que l’humilité de Dieu doit être la source de l’humilité des humains. Nous vivons avec l’ambition de paraître, de montrer notre supériorité, d’être applaudis. Tout un chacun est flatté de se faire interpeller par un titre prestigieux (votre honneur, monsieur le président, monseigneur…) cela fait partie de la promotion sociale. L’humilité, c’est ne pas chercher à vivre pour soi, pour son propre ego, mais à vivre pour les autres, à se dépouiller de soi pour rendre aux autres la chance d’être heureux. L’humilité n’est pas possible si elle n’est pas imprégnée de l’amour, de l’amour même de Dieu. L’humilité est une vertu qui ne se retrouve pas ailleurs que dans le christianisme. Elle est l’expression d’un Dieu pauvre, proche de l’humanité, alors que les autres religions se réfèrent à un Dieu puissant et bien enfermé dans son ciel.

L’humilité est une vertu de chrétiens parce qu’elle est une attitude de fils et de filles devant leur Père du ciel. Humble parce que je sais que je reçois tout de celui qui me donne la vie. Un enfant apprend à marcher, à grandir en imitant ceux qui l’éduquent. Il suit les traces de quelqu’un. Il n’invente rien. Pour apprendre, il faut écouter, accueillir et se savoir ignorant, imparfait.

Cette attitude des enfants de Dieu n’est pas rabaissante. Elle nous élève à la stature même de Dieu puisque lui aussi est humble et pauvre. Elle nous donne la grandeur même du

Fils unique doux et humble de cœur

Recherchons les réalités simples de la vie, mais surtout cherchons à vivre l’humilité de Dieu qui est oubli de soi.

Jean Desclos

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