Revenez à moi de tout votre cœur

1er MARS 2013
Par Monseigneur Christian Lépine, Archevêque de Montréal
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Le Mercredi des Cendres introduit et marque le carême comme un temps de conversion, où on apprend à vivre la vie chrétienne comme une vie de conversion permanente.

Parler de conversion, de retour à Dieu, c'est aussi parler du péché, de nos péchés, de mes péchés. C'est une question délicate et profonde, mais quelle qu'en soit ma compréhension et ma sensibilité, une question demeure : qu'en est-il de mon désir de Dieu ?

Est-ce que j'ai le désir de Dieu ? Est-ce que j'ai soif de Dieu ? Est-ce que je pense que je suis une personne totalement unie à Dieu, et qu'au niveau des moyens spirituels et humains je n'ai plus d'efforts à faire, de chemin à parcourir ?

Est-ce que j'entends l'appel du Seigneur, est-ce que, en tant qu'être humain pécheur et capable de pécher, je me sais concerné par cet appel « Revenez à moi de tout votre cœur » (Joël 2, 12).

On demande des pécheurs

À un extrême il y a ce qu'on pourrait appeler la conscience désespérée : une personne qui est découragée et enfermée dans le désespoir devant ses infidélités à Dieu.

À l'autre extrême il y a ce qu'on pourrait appeler l'inconscience pacifiée ou le contentement de soi : une personne qui se reconnaît probablement imparfaite, mais qui se comprend très bien (en tant que créature finie j'ai des limites, des défauts ; j'ai été formé dans un milieu plein de travers...) et est somme toute contente d'elle-même.

Au-delà des limites réelles, intérieures et extérieures, il y a des refus d'aimer, non moins réels, dont la personne est inconsciente.

Ce qui manque à la conscience triste c'est qu'elle ne prend pas assez au sérieux l'amour que Dieu a pour elle. Ce qui manque à l'inconscience paisible c'est qu'elle ne prend pas assez au sérieux l'amour qu'elle est appelée à rendre à Dieu. Or, au-delà de ces deux attitudes et de toutes les combinaisons possibles, il s'agit de prendre au sérieux à la fois l'amour de Dieu et l'appel à aimer.

On peut être un pécheur qui vit dans l'espérance, la paix et la joie.

Devant la croix

En regardant Jésus-Christ dans la prière, de près et sérieusement, comment Il a aimé tout au long de sa vie terrestre, comment Il a aimé sur la croix, je découvre ce qu'est véritablement l'amour. Et en même temps je m'aperçois que je ne sais pas vraiment aimer.

Souvent je dis non à Dieu là où Jésus a dit oui à son Père par amour. Si je regarde concrètement ma vie, il y a bien des événements, des facteurs qui limitent en moi le mouvement de l'amour : la concurrence, le temps qui passe, l'orgueil, la convoitise. En réalité si je suis lucide je peux même tomber dans l'angoisse en découvrant mon peu d'amour, et combien chaque jour j'ai besoin de la miséricorde de Dieu et des autres.

Cependant, même lorsque je ne trouve plus en moi-même la force d'âme nécessaire pour aimer ; même lorsque je n'ose plus croire à la possibilité d'aimer : je peux vivre dans l'espérance si je ne perds pas de vue que je suis une créature de Dieu et que Jésus-Christ me sauve, sauve l'amour en moi.

Être une créature de Dieu, cela a comme conséquence qu'il y a en chacun et chacune d'entre nous une capacité pour la gratuité, le don de soi, le renoncement en faveur de l'autre, la fidélité de toute la vie.

En Jésus-Christ le salut de Dieu vient vers moi. Jésus, Dieu le Fils fait homme, crucifié et ressuscité, vient me rejoindre au plus profond de mon cœur pour me pardonner, me libérer, me guérir, m'aider à mettre en œuvre ma capacité d'aimer en me faisant participer par l'Esprit Saint à sa propre puissance d'amour.

Plus je trouve que mes péchés sont grands, ou plus je m'en sens esclave, plus je dois regarder Jésus-Christ qui donne sa vie pour moi (1Jn 3, 16), qui m'aime avant même que je l'aime (1Jn 4,10) et qui me pardonne de grand cœur toutes mes infidélités.

Si je ne vois pas que je manque à l'amour, si je ne me reconnais pas pécheur, je ne comprendrai pas qu'à chaque instant de ma vie je suis une personne appelée à me convertir et à mettre plus d'amour dans ma vie.

Si je suis un pécheur désespéré je ne croirai pas que je peux répondre oui à l'appel de Dieu, avec son aide.

Si je reconnais que dans ma vie il y a un échec de l'amour et si je garde une confiance inébranlable en l'amour miséricordieux et transformant de Dieu, je pourrai entendre les appels qu'Il m'adresse et me laisser entraîner dans le développement de mon amour.

L'amour toujours plus grand

Si je me fais voler, ou bien si je suis malade, je m'en aperçois et cela fait mal, mais curieusement l'amour peut mourir en moi sans que je m'en aperçoive.

Je peux me dire : je ne vole pas, je ne tue pas, donc je suis une bonne personne. Mais il y a tout le domaine du bien à faire et que je ne fais pas. Est-ce que ma vie chrétienne se limite à éviter le mal ?

Ce qui détruit l'amour et la vie ce n'est pas seulement de faire le mal, mais aussi de ne pas faire le bien. Être négligent à toujours chercher quel bien je peux faire, quel est l'appel de Dieu.

Dans l'amour il n'y a pas de moment où je peux dire ça y est, je suis arrivé : m'installer, arrêter de vouloir aimer plus c'est déjà aimer moins, car de lui-même l'amour vrai veut toujours aller plus loin ; l'amour vrai c'est l'amour toujours plus grand.

Aimer maintenant

Le drame de la personne humaine c'est qu'elle cherche des excuses et qu'elle en trouve (Pascal). Combien de fois ne remettons-nous pas à demain l'amour que nous sommes appelés à avoir aujourd'hui ? Ne débordons-nous pas alors d'ingéniosité pour trouver d'excellentes raisons qui nous convainquent à tout coup.

Dire je t'aimerai demain, n'est-ce pas une façon subtile de dire non ? Demain tu verras tout ce que je ferai pour toi. Et pourtant, toute exp érience séparée de l'amour n'est pas une expérience de vie, mais une expérience de destruction : destruction de l'amour en moi, destruction du sens de ma vie, atteinte au plan d'amour de Dieu.

Donnons tout à Dieu, toute notre volonté, tous nos désirs et le reste suivra. C'est à partir du moment où on donne tout à chaque jour que notre amour grandit, que le tout donné grandit.

Dialogue avec Dieu

Pour pouvoir me convertir toujours davantage et mieux aimer, je n'ai pas à chercher mes péchés dans un monologue. Je suis un enfant de Dieu invité à être à l'écoute de ma conscience dans un dialogue avec Dieu, à être à l'écoute de Dieu qui parle à ma conscience. Je demande à l'Esprit-Saint de m'éclairer sur mes refus d'aimer Dieu et les autres, sur mes lenteurs à croire en Jésus-Christ et à aimer les autres comme Il nous a aimés.

En tant que créature de Dieu je n'ai pas à m'efforcer d'aimer seule, mais à m'appuyer sur Jésus-Christ que je sais présent et agissant dans mon cœur par sa grâce.

Loué sois-tu Père éternel pour ton amour qui donne tout.

Chères lectrices et chers lecteurs, que Dieu riche en Miséricorde vous attire sans cesse à Lui, qu'Il vous guide par sa Vérité, qu'Il vous garde dans son Amour, qu'Il vous comble de sa Paix, + au nom du Père + et du Fils + et du Saint Esprit.

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